Histoire de l’Islam en Algérie

Regard historique sur l’Islam en Algérie

L’Algérie que nous connaissons aujourd’hui offre un cadre d’une richesse sans pareille pour les historiens de l’Afrique du Nord musulmane. Son étude historique va au-delà des frontières qui figurent aujourd’hui sur nos cartes, elles correspondent à l’établissement de la Régence de turque d’Alger au cours du XVIème siècle.

Cette région d’Afrique du Nord, ce que les auteurs arabes et chroniqueurs nomment al-awsat, ce Maghrib central est lié aux deux pays voisins. Cette partie centrale de la Berbérie, apparaît comme une grande région rurale, peuplée de pasteurs nomades et d’agriculteurs montagnards ; elle jouera un rôle non négligeable dans les destinées de l’Occident musulman.

Nous retracerons ici son histoire en quelques lignes à partir du Ier siècle de l’Hégire / VIIème siècle chrétien jusqu’à la présence turque :

-Au milieu du VIIè siècle, l’Afrique du Nord subit les conquêtes des Arabes, venus de la péninsule arabique, propagateurs de l’Islam. Cette région était occupée par l’Empire romain, puis byzantin, qui avec le premier empereur romain converti au christianisme, Constantin fonda Constantinople, l’empire romain est à partir du IVème siècle divisé en deux, avec deux puissances tutélaires que sont l’Empire romain d’Occident et l’Empire romain d’Orient, en 476 à la destitution du dernier romain d’Occident Romulus Augustule par le Barbare Odoacre, Byzance devient le seul Empire. Avec l’arrivée des Arabes ayant embrassés la foi unique qui a été révélée quelques années plus tôt au dernier prophète arabe Muhammad, la force militaire de Byzance s’effondra rapidement. La résistance viendra des Berbères, et ce fut surtout au Maghrib central que s’organisa cette résistance. Les bandes indigènes se rangèrent derrière Kusayla, chef des Awraba. Près de Biskra, elles livrèrent batailles aux Arabes, c’est au cours de ce combat que Ukba Ibn Nafi’ trouva la mort en 63 H / 682 ap. J.C.

C’est dans la région de l’Aurès, cette région montagneuse, que la résistance berbère se fera plus forte, au nom de la Kahina, cette reine légendaire verra malgré ses succès l’effondrement de l’indépendance berbère en 74 H / 693. Le Maghrib central constituait le siège central de la résistance berbère, durant le VIIIème les berbères adhérèrent en masse au Kharidjisme, Tlemcen en fut le centre où commandait Abu Kurra, chef des Banu Ifran. Plus tard au IXème siècle, c’est Tihert (actuelle Tiaret), qui sera la capitale des imams rustamides et métropole du Kharidjisme berbère. En cette même période se trouvait le domaine des Aghlabides de Kairouan (dynastie qui durant tout le IX ème siècle tint l’Ifrikiya au nom des ‘Abassides et régna dans Kairouan, Ibrahim Ibn al-Aghlab en était le fondateur, investi du pouvoir à Kairouan par Harun al-Rashid). Cette proximité avec ces maîtres arabes explique la puissance des Fatimides, qui a pris naissance chez les Berbères Kutama de la petite Kabylie ; les fatimides ne se feront pas facilement accepté par les berbères, dans l’Aurès une terrible révolte éclate, qui a manqué de peu de mettre fin à la présence fatimide.

Succédant aux Kutama, les berbères Sinhadja seront eux au Xème siècle, les plus utiles alliés des Fatimides, ils s’opposeront aux berbères Zanata inféodés aux Omeyyades d’Espagne, les Zanata sont pour la plupart nomades et hantent les plaines du centre et de l’Ouest. Les Sinhadja sont quant à eux, sédentaires et occupent les régions montagneuses du centre et de l’Est, ils fonderont les cités Ashir, Kal’a qui sera la capitale des Sinhadja Banu Hammad en 1007. Suite de l’insurrection des Zirides, le royaume des Banu Hammad, ainsi que Kairouan ne sont plus que ruine suite à l’invasion hilalienne des arabes Banu Hilal au milieu du XIème siècle. Le fléau arabe pousse les Banu Hammad à émigrer à Bougie.

A partir du XIème siècle, les Almoravides venus du Maroc s’emparent du pays, jusqu’à Alger. Ayant annexé une partie de l’Espagne musulmane, les Almoravides vont faire profiter les cités de leur domaine berbère de la brillante civilisation andalouse, notamment Tlemcen.

Au milieu du XIIIème siècle, le grand empire almohade s’effondre, Tlemcen devient la capitale des Banu ‘Abd al-Wad, d’anciens nomades Zanata. Ce nouveau royaume connaîtra une réelle prospérité économique, mais vivra sous la menace de ses voisins du Maroc, les Marinides. Puis au XVIème siècle, il sera annexé par les Turcs d’Alger.

La présence des Espagnols dans ce petit port berbère d’Alger, motiva sans nul doute l’intervention des Turcs en Algérie, Alger deviendra un Etat vassal de la Porte. Pendant trois siècles, la piraterie procura à la Régence d’Alger des ressources importantes. L’Algérie divisée en trois provinces qui échappaient au contrôle des maîtres levantins, ses populations nomades et sédentaires sont plus ou moins indépendantes, et poursuivent une vie archaïque, leur histoire nous est mal connue.

Texte de Omowale Ismaël
Publié le 09/01/2015

Quelques repères bibliographiques :

Ibn Khaldun, al-‘Ibar, ed. de Slane, Paris 1847, 2 vol., trad. de Slane, Alger, 1852-1856, 4 vol.

Ibn ‘Abd al-Hakam, Conquête de l’Afrique du Nord et de l’Espagne, éd. et trad. A.Gateau, Alger, 1942

Ibn al-Athir, trad.Fagnan

Ibn ‘Idhari, trad. Fagnan (Histoire de l’Afrique et de l’Espagne), Alger, 1901, 2 vol.

Bakri, Description de l’Afrique septentrionale, éd. de Slane, 2è éd. Alger 1911, trad. de Slane (JA 1842, I)

Idrisi, al-Maghrib

Léon l’Africain, Description de l’Afrique, trad. Perrot d’Ablancourt, Paris, 1667, 3 vol.

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